SPORTSWEAR EVERYWHERE

Je clique comme chaque matin sur ma boite e-mail et c’est là que le nom « Fila x Gosha Rubchinskiy » me saute aux yeux. Ils ont fait une collaboration qui suscite beaucoup d’excitation sur Internet, notamment de la part des amateurs de streetwear qui vendraient père et mère rien que pour s’offrir un jogging à 800€, mais c’est la première fois que ça me fait cet effet là, à moi. Pourquoi des baskets et une paire de chaussettes me rendent-elles aussi folle ? Sans doute l’alphabet russe me titille t-il. C’est comme ces étrangers qui adorent aller dans des enseignes qui portent une marque française, et qui pourtant n’ont rien de français, car c’est plutôt cool.
Qui es-tu Gosha Rubchinskiy ? Frappé par l’arrivée de la culture occidentale dans une Russie post soviétique, Gosha Rubchinskiy, alors adolescent, reçoit une grande claque. Toutes ses créations sont marquées par cette période « Russie underground » (apparemment il déteste entendre l’expression « Russie post soviétique »), un mélange de streetwear, hip-hop, nostalgie et poussière. De collaboration en collaboration, on ne l’arrête plus et il plait toujours un peu plus. La « youth culture » parle d’elle-même dans son travail.

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Gosha Rubchinskiy


Le bas de jogging, le gros logo et les baskets : l’arme fatale des années 1980-1990. Je suis née en 1992, je n’ai pas eu le temps d’apprécier la mode de cette époque. J’aurais aimé pourtant. Parfois j’ai l’impression de ne pas chercher plus loin que le bout de mon nez, de ne pas assez m’intéresser pour apprécier et d’attendre finalement que l’on m’impose mes goûts. Cette fois-ci, je veux rompre le sortilège alors j’ai creusé davantage, je me suis intéressée au pourquoi du comment. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois que l’atmosphère glaciale russe nous transporte. Je te suis Russie.

Défilé « Gosha Rubchinskiy » Homme PE1617 


Aux dernières nouvelles, une nouvelle collaboration entre Gosha Rubchinskiy et Adidas serait sur le point de sortir. Un pas de plus pour le streetwear qui envahit les carnets de croquis, que ce soit les marques de sport, la fast fashion ou l’industrie du luxe. Pourquoi avoir fait ce choix Gosha ? Tout simplement parce la nouvelle collection Autome-Hiver 2017-2018 sonne le lancement d’un partenariat long terme avec la marque Adidas Football en écho à la prochaine Coupe du Monde qui aura lieu en 2018  en Russie. Le créateur se sert de l’actualité, du présent. La collection s’inspire de tous les membres d’une équipe de football allant du joueur, à l’arbitre, du supporter hurlant dans les gradins au gardien. C’est un peu sa propre équipe qui défile.
Tous franchissent le pas. Je ne sais pas pourquoi le nom « Gosha Rubchinskiy » écrit en alphabet cyrillique sur des joggings me fait autant craquer, quel est le secret ? Surtout celui en orange.

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Défilé « Gosha Rubchinskiy » Homme AH1718


Je me demande si l’univers du créateur russe ne m’a pas d’abord frappé parce que je suis très attirée par la culture soviétique. Cet aspect là de ma personnalité a forcément joué pour apprécier les créations assez masculines, simples, abordables et démocratiques de Gosha Rubchinskiy. C’est étrange comme on peut être tout à la fois sensible ou insensible à la même chose. Mince ! J’ai été piquée par le style sportswear.
Comment ça se porte ? C’est très simple, le sportswear sur moi ça ressemble à un t-shirt, un jean droit, un sweat à capuche (très important la capuche pour la faire ressortir du manteau) et une paire de baskets. Dernièrement, j’ai fait l’acquisition d’une paire « Filling Pieces » (ici) couleur nude avec des gros élastiques rose pâle sur le devant, ainsi qu’une paire de la dernière collaboration « Fila x Gosha Rubchinskiy » (ici). J’adore. J’adore.

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D’accord, le sportswear 2017 ne se résume pas au créateur « Gosha Rubchinskiy » mais gros très gros coup de coeur pour son univers. Il y a aussi la collaboration « Louis Vuitton x Suprême » que j’idéalise surement beaucoup mais qui marque une vraie avancée dans le mélange des genres, voire même dans l’évolution de la société. Après est-ce de la fausse ouverture d’esprit camouflée dernière de jolies imprimés, une forme de politique de tolérance à l’égard du sportswear pour viser une nouvelle clientèle. À sa création, en 1994,  « James Jebbia » pensait ouvrir un simple petit magasin new-yorkais, l’enseigne « Suprême » au dessus de la porte était destinée au royaume des skateurs. Il n’imaginait surement pas à ce moment-là qu’il deviendrait par la suite un des piliers de la mode sportswear. Tout comme « Gosha Rubchinskiy », le succès n’était pas la première chose à laquelle ils ont pensé, il leur est simplement tombé dessus à une ère où le jogging semble être devenu la pièce ultime d’un look (quand il est bien porté). Alerte cliché ! Je suis à la recherche d’un vieux jogging Adidas effet satin rouge ou vert si quelqu’un m’entend.

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Trop de sportswear tue le sportswear. À quand la fin de cette nouvelle lubie ? Les tendances se font et se défont, hâte de voir la prochaine. Mais si je vis le moment présent, je dirais que je clique également sur la dernière collaboration « Vêtements x Champion » (ici). C’est surprenant de voir la différence entre les pièces présentées aux défilés et celles que tu retrouves sur le site Internet Champion qui donnent franchement peine à voir. Vraiment ça ne donne pas envie d’acheter. Il faut dénicher des petits sites bien cachés mais pleins de surprises. Pensée par « Demna Gvasalia », la collaboration avec « Champion » bouleverse l’univers des sweats avec ces si longues manches qui donnent des allures de pieuvres aux mannequins

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Zoom sur la Fashion Week de Milan Automne-Hiver 2017-2018. Et je dis « Sportmax ». Mixer les pièces des dressings, utiliser le design d’une veste en jean pour en faire une veste souple et aérienne très sportive, utiliser un pantalon sarouel pour en faire le nouveau jogging à la mode, et le gros logo sur des sweats bien tape à l’oeil. Une sorte de sportswear qu’on ne diagnostique pas sportwear sur le champ vois tu. Pourquoi pas un sportswear chic que j’adopterais sans hésiter puisque c’est simple et pratique à porter.


« Ashley Williams », lors de la Fashion Week de Londres Automne-Hiver 2017-2018, a présenté sa folie du sportswear country, non je n’exagère pas ce sont bien des chapeaux de cowboy et des survêtements. Là on va surement trop loin dans l’adaptation et le mélange des genres. STOP IT NOW.


Et pour finir, car je ne fais jamais les choses dans l’ordre, un petit clique sur le défilé « Marc Jacobs » de la Fashion Week de NY Automne-Hiver 2017-2018. Grosse influence hip-hop, ça transpire les années 1990 américaines. Jogging rouge. Pulls à fermeture éclaire. Pantalons larges. Ça me rappelle ces vieilles séries américaines que je regardais à la télévision le matin quand j’étais enfant. Une injonction du sportswear à la façon de « Marc Jacobs ».

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Bref. C’est bien trop confortable pour arrêter.
(to be continued)
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